De ses origines antiques aux temps modernes



Occupé à l'époque hallstattienne, entre 750 et 450 av. J.-C., le site a livré un bracelet à boules terminales actuellement au musée Unterlinden de Colmar, une des premières traces d’habitants sur le ban communal.
 
Mentionné pour la première fois en 728 sous la forme « Wicheresvilare », Wickerschwihr fut administrée par différentes souverainetés et ordres religieux au cours de son histoire.

Le village est ainsi cité lors de la donation du comte Eberhard à l'abbaye de Murbach. Le comte fait partie de la famille des ducs d'Alsace, résidant à Eguisheim. Au XIe siècle, Wickerschwihr passe sous l'autorité des princes de Habsbourg. Les terres de Wickerschwihr sont fertiles et ses fermes sont pour la plupart des possessions de différentes fondations religieuses de la région, telles l'abbaye de Marmoutier, les chevaliers de Saint-Jean, les couvents de Sainte-Catherine.

En 1585, la lignée de Hasttatt étant venue à s'éteindre, Wickerschwihr devient la propriété des barons de Montjoie. En 1639, la localité est, tout comme Holtzwihr, confiée par les Suédois à l'administration de Colmar.

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Crédits photos: Première trace du blason des communes de Holtzwihr et Wickerschwihr « La communauté des habitants de Holtzweyr et Wickersweyr » datant de 1696. Louis XIV ordonna la création d’un recueil d'armoiries, regroupant près de 120 000 villages et communautés, dans le but de réguler l'utilisation des armoiries, dont le port était resté relativement libre, et engendrer des recettes fiscales. La grande maîtrise avait attribué à Holtzwihr et Wickerschwihr, qui ne formaient alors qu’une seule communauté villageoise, des armoiries « d’or à un sautoir alézé formant la lettre X de sable, accompagné en chef des lettres H et W de même ».

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Crédits photo: Commune de Wickerschwihr - 1910 - Carte postale

Une indépendance retrouvée au cours du 19ème siècle


La commune de Wickerschwihr fit partie pendant longtemps du territoire de Holtzwihr, dont elle suivra l'évolution historique. C’est seulement en 1837, sous le règne du roi Louis Phillipe 1er, que Wickerschwihr obtint son indépendance définitive. Selon les textes, cette séparation, issue d’une revendication des habitants de Wickerschwihr depuis plusieurs générations, fut complexe et a suscité différents litiges et actions en justice sur le partage des biens et revenus.
 
Ainsi, dès l’émancipation actée, le nouveau conseil municipal de Wickerschwihr demanda avec détermination, au préfet, dès 1850, « l’autorisation d’une coupe de bois extraordinaire pour faire face aux dépenses de construction d’une nouvelle église ». L’église Saint Jacques le Majeur sera ainsi inaugurée en 1862.


Un village témoin des guerres successives


Si la commune fut épargnée lors de la guerre franco-prussienne de 1870 marquant la défaite de la France, elle sera rattachée à l’Allemagne lors de l’annexion de l’Alsace jusqu’en 1918.
Lors de la première guerre mondiale, elle ne subira aucun dégât mais les cloches de son église furent réquisitionnées en 1917 par l’Empire allemand pour les faire fondre afin de faire face à la pénurie de matière première pour l’industrie de l’armement. Une mesure incomprise et ressentie douloureusement par la population du village.
 
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le village est envahi dès le 16 juin 1940 par les Allemands. C'est la 5ème Division blindée française, sous le commandement des généraux Schlesser et Vernejoul, en liaison avec les "Dogfaces soldiers" de la 3ème Division d’infanterie US, qui libèrera le village, après d’intenses combats, le 27 janvier 1945.
La veille, ordre est donné d'évacuer les habitants vers la Maison-Rouge puis Ribeauvillé. La plupart seront transportés jusque dans les Vosges ou dans la Haute-Marne. Wickerschwihr sortira à moitié détruit des combats de la poche de Colmar.
 
Le 5 février 1945, est organisé la première messe du village libéré, dans l'église partiellement détruite, en présence du Général Vernejoul.


Crédits photos: ECPAD - Joseph Dietrich - 2 février 1945 - Première messe organisé dans l'Eglise Saint Jacques le Majeur, suite à la libération de la Commune, en présence du Général Vernejoul et de nombreux soldats français et habitants étant restés dans le village.


Un développement croissant après 1945


Après sa reconstruction, la commune retrouvera son équilibre entre le maintien de cultures traditionnelles (pommes de terre, choux, betteraves), un développement urbain et une ouverture relative vers les métiers de l'industrie et des services.
 
Au début des années 1990, la commune se fera connaitre par la création d'un plan sur les risques sismiques "PEGAS" (plan d'entraide générale et d'assistance aux secours), axé sur la prévention et l'organisation des secours post-séisme. Unique en son genre à l’époque, ce plan servira de référence au niveau national et international.

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